Posted in Bien-être Mieux vivre avec soi-même

Bonjour Tristesse

Bonjour Tristesse Posted on 17 novembre 20173 Comments

Il y a quelques jours, assise confortablement à mon bureau dans ma chambre, j’ai essuyé un échec.

« NON ! »

Ma candidature n’avait pas été retenue. Nous en connaissons tous des échecs, n’est-ce pas ? Un jour ou l’autre, on est tous confronté à un “non” plus ou moins poli, et qui vous arrive plus ou moins fort sur la tronche.

A peine l’appel terminé, on tambourine à la porte de ma chambre, c’est sec, nerveux. Cela ne donne clairement pas envie d’ouvrir. Mais quelque chose me dit que les coups ne cesseront pas tant que je n’aurai pas ouvert.

Accommodante, je me lève.

Et là, en l’occurrence, celle qui s’est pointée avec ses gros sabots, c’est Tristesse. Oh la la. Elle a une petite mine. Et elle prend toute la place ! Elle s’allonge, sans-gêne sur le lit. Wahou. En plus elle demande une attention monstrueuse.

Je crois qu’elle ne se rend pas bien compte de la situation. C’est que je n’ai pas que ça à faire moi. On vient de me dire non. Il faut que je reparte à l’attaque illico, pas de temps à perdre. Presto. Presto.

Oui, mais elle ne l’entend pas de cette oreille. Elle insiste. Elle ne bouge pas d’un iota. Patiente, elle m’observe. Elle sait que je vais céder.

Alors j’ai fini par l’écouter.

Elle était bavarde.

Vraiment bavarde.

Et, étrangement, ça m’a fait un bien fou.

Quelques minutes après, elle était repartie. De son passage ne restait qu’un paquet de mouchoir laissé à l’abandon sur le lit.

Suite à sa visite impromptue, j’ai eu envie de vous écrire un article sur cette bonne amie Tristesse. Parce qu’il faut le reconnaître, en tant qu’être humain, on a tous la sienne. Bien sûr, on est plus ou moins familier avec elle.

 

Petit aparté, tiens, j’étais en train de me dire que c’était “elle” et que je voulais éviter d’entretenir des stéréotypes. Tristesse, c’est une fille. Mais c’est aussi La colère, La peur, La joie, bref le féminin c’est le lot de mal d’émotions. Après cela peut aussi être Chagrin. Bref, Tristesse, Chagrin, à vous de voir comment s’appelle la/le vôtre.

 

Au début, je n’ai pas bien compris pourquoi j’avais tout à coup mal à la gorge, comme une boule qui s’y logeait. Tristesse m’a expliqué. Je venais de vivre un manque, je n’avais pas obtenu quelque chose que je souhaitais avoir. Cela aurait aussi pu être une perte.

Alors moi, j’ai bien essayé de lui expliquer à coup d’arguments bien ficelés : « Mais c’est très injuste tout ça .. blablabla » et tout le tralala qui va avec.

Elle m’explique que le mieux c’est de reconnaître ce manque / cette perte et d’essayer petit à petit de l’accepter. Dorénavant je vais devoir vivre sans cela. Je dois accepter et renoncer à ce que je n’ai pas eu ou ce que j’ai perdu.

Entre deux reniflements, j’opine.

Je lui demande comment je peux la repérer plus vite la prochaine fois qu’elle me rend visite ? Parce que la technique je tambourine à la porte comme une furie en délire poursuivie par des zombies, c’est très pénible et bruyant.

Elle me répond que le mieux c’est que je prête attention à mon corps. Souvent elle vient se loger quelque part. La gorge, le ventre par exemple .. Elle a ses zones privilégiées (rarement les pieds hein quand même).

Je ne sais pas comment s’exprime votre Tristesse / votre Chagrin mais essayez de la/le repérer dans votre corps.

Et une fois que vous l’avez trouvée, elle m’a soufflé un conseil à vous donner : laisser votre Tristesse s’exprimer.

Si vous avez besoin de pleurer, de vous isoler, d’écrire, de ne plus bouger, de vous allonger, de faire le poirier, faites-le.

Laissez-la entrer. Ouvrez-lui la porte. Complètement. Pas juste une petite ouverture. Bon sinon elle glissera son pied dans l’entrebâillement de la porte et ni une ni deux se retrouvera sur vos genoux.

Si vous vous obstinez à garder porte close, elle va vous faire un raffut de tous les diables. Elle va tambouriner de plus en plus fort et là, si vous l’entendez toujours pas, vous allez vous taper Colère. Et c’est moins jojo que Tristesse car vous allez faire payer à quelqu’un ou à vous même toute cette émotion enfermée. Plutôt que de vous poser cinq minutes, ouvrir poliment la porte, vous occuper de votre besoin et d’y répondre.

Parce que votre Tristesse a un message à vous transmettre, ce n’est pas juste une petite visite de politesse. Elle vous informe que vous avez besoin de reconnaître et accepter la perte, certes, mais surtout de vous rappeler votre besoin immédiat d’attention. Ce dont vous avez besoin à ce moment là c’est de prendre soin de vous.

Soyez tout doux avec vous-même. De la douceur, de l’amour que diable ! Vous avez besoin de délicatesse et surtout pas d’être brusqué. Vous venez d’essuyer une déception, un refus, un échec, une perte, ou que sais-je encore. Alors mollo l’asticot !

Tristesse m’a invitée à m’allonger auprès d’elle. Et puis elle m’a prise dans ses bras. Et tout de suite je me suis sentie nettement mieux.

Peut-être que vous avez perdu quelqu’un ou quelque chose auquel vous teniez. Accordez-vous ce besoin d’arrêt, de présence, de soutien. Réconfortez-vous. Blottissez-vous dans les bras d’un autre proche bienveillant. Le contact physique procure beaucoup de bien. Un câlin, rien de mieux pour vous réconforter.

Vous allez sûrement ressentir une grande fatigue : suite à cet abattement allongez-vous, asseyez-vous, ne faîtes-rien.

Si vous avez essayé quelque chose. Reposez votre corps bien méritant d’avoir essayé. Il a tenté quelque chose et peut être fier. Comment réussir si on n’essaie pas et qu’on reste cloîtré chez soi ? Il n’y a que dans Harry Potter qu’on vient vous chercher à domicile : «  Bonjour, on te veut toi. Oui, oui, toi petite larve allongée sur ton lit. »

Là, personne viendra vous chercher dans votre lit.

Donc félicitez-vous plutôt d’avoir osé essayer. C’est fait ? Bravo, je suis fière de vous.

Avant de finir cet article, je voulais rappeler qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise tristesse. Il n’y a pas à faire des échelles de tristesse, et à comparer des tristesses entre elles. Il n’y a que vous pour juger et savoir ce que vous ressentez. Si quelque chose vous cause de la peine, vous avez le droit d’être triste. C’est très personnel une émotion et ce qui la provoque.

Pour terminer, je vous laisse une liste ressource cocooning (à rallonger à souhait):)

  • Mettre de la musique et sautiller, danser telles de petites souris quand le chat est de sorti.

  • Des bras accueillants (ça marche avec les amis, la famille, les amoureux, bon les inconnus vous pouvez essayer aussi).

  • Observer un oiseau, une libellule (je ne sais pas pourquoi j’en vois pleins en ce moment), votre hamster ..

  • Papoter avec l’araignée qui a élue domicile dans votre douche.

  • S’allonger dans l’herbe et mâchouiller un petit brin d’herbe.

  • Lire une bande-dessinée, un roman, une revue calé dans votre fauteuil le plus confortable.

  • Prendre une douche ou un bain chaud.

  • Se préparer une boisson chaude ou fraîche.

  • Regarder un de nos films préférés.

  • S’offrir un cadeau (un livre, une place au cinéma par exemple)

crédit photo Matthew Henry on unsplash

3 thoughts on “Bonjour Tristesse

  1. De très belles idées pour accueillir notre tristesse et se chouchouter ,le plus difficile quand on est triste c’est d’accueillir cette émotion et de ne pas la fuir car alors elle reviendra toquer à la porte n’est-ce pas ? merci pour ce bel article …

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