Posted in Bien-être Mieux vivre avec soi-même - au pays des émotions

La peur et son fidèle servant le squelette

La peur et son fidèle servant le squelette Posted on 17 décembre 20173 Comments

Etoiles nuit peur

Comme chaque matin, je me tenais debout dans la cuisine, les yeux encore tout embués de sommeil. La bouilloire sifflait. Aaah ! L’eau chaude sonnait l’heure du thé. Toute à mon habitude matinale je me retourne pour prendre une tasse. Mais … Aarg ! Je me retrouve nez à nez avec un squelette. Oh my god ! Je crois bien que mon coeur va bondir hors de ma poitrine.

Boum ! Boum ! Boum !

Imaginez. Un squelette, un vrai de vrai qui se pointe chez vous. Les dents qui claquent. La mâchoire ballante. Le crâne lisse. Deux grands trous noirs, cavités sombres interminables. Et puis de voir à travers sa cage thoracique, c’est spécial quand même, vous me l’accorderez. Rien qu’en le regardant j’étais prise de nausées. Il me retournait les tripes ce petit. Polie, je décide de ne pas l’ignorer. Quitte à avoir un squelette dans sa cuisine autant lui demander pourquoi il est là.

« Euh bonjour. Je peux vous aider ? On se connaît ? Si c’est une blague. Je vous préviens ce n’est pas drôle.»

Il me regarde, enfin regarde c’est un grand mot, disons que ses deux orbites noires se tournent vers moi. Fichtre ! Il a l’air bien réel. Il ne pipe pas un mot. Cela a le don de m’agacer vite fait, bien fait. Aucun savoir-vivre. Se pointer chez moi alors que j’allais prendre mon petit-déj’. Vous imaginez bien que toute cette situation, complètement absurde et inattendue, vous en conviendrez, m’a coupé l’appétit.

Je continue ma vie et déambule dans l’appartement avec le squelette à côté de moi. Au bout de quelques heures (oui, je suis très patiente, hein ?) je suis beaucoup moins aimable :

« Enfin, allez-vous m’expliquer ce que vous faîtes dans ma cuisine ? »

Rien. Pas un mot. Il persiste à conserver cette tronche de cake inexpressive. Il allait l’ouvrir oui ! Alors je l’attrape par les clavicules et les omoplates et je le secoue un bon coup.

« Tu vas parler oui malheureux ! »

Sa mandibule se décroche et se met à pendouiller devant moi. Il était « bouche-bée ». Raah dégueulasse. Encore heureux qu’il ne bave pas. Il m’aurait encrassé le sol de la cuisine. En plus de ça, il n’avait vraiment pas l’air malin. Mais il n’avait rien de très rassurant non plus. Il faut dire que lorsque quelqu’un vous suit à la trace, au bout d’un moment, vous ne vous sentez pas très serein.

Évidemment j’avais une journée programmée. On allait pas se conter fleurette toute la sainte journée. Alors j’ai pris congé. Tchao le squelette !

Enfin, plus exactement, j’ai essayé.

Môôôsieur le Squelette ne l’entendait pas de cette oreille (enfin oreille, vous voyez ce que je veux dire, le trou béant dans son crâne, quoi). Rien à faire. J’avais un squelette sur les talons dans la rue. Il m’a suivi jusque dans le métro. Quel sans-gêne ! Heureusement, les passants autour de moi, n’avaient pas l’air de prendre conscience de sa présence. Cela m’arrangeait bien, je ne vous le cache pas. Il me fichait la trouille surtout à me suivre partout comme ça. Mon squelette n’était pas bavard, c’est le moins que l’on puisse dire. Il ne s’exprimait pas. Ouvrir la bouche, ça oui, il savait faire. En revanche, m’expliquer ce qu’il foutait là à me collait aux pompes. Pas moyen d’en tirer un mot. C’était pénible, vraiment.

Et puis à un moment, le déclic.

C’est un garçon, dans la tram de métro, affalé sur son siège qui m’a fait comprendre. A côté de lui, sur le siège libre, un squelette. Le sien n’avait pas l’air plus loquace que le mien et était franchement tout aussi laid. Le garçon, lui, n’avait pas l’air bien. Vraiment pas bien. Il paraissait inquiet, angoissé. Les yeux fuyants. Alors je me suis demandée, mais c’est vrai ça, moi comment je me sens depuis ce matin ? En y réfléchissant bien, il y avait bien un petit quelque chose qui me tracassait depuis hier. Le futur, tout ça, tout ça. Ok. Soyons honnête. J’étais clairement stressée. Et si je pouvais voir le squelette de l’autre, c’était sûrement parce que nous étions en train de vivre la même émotion : La Peur.

A côté de moi, mon squelette avait les genoux qui jouaient des castagnettes. Il faisait un raffut de tous les diables. Le problème, vous imaginez bien, c’est qu’étant donné qu’il ne pipait pas un mot, je ne savais pas bien comment procéder pour qu’il me laisse tranquille. Encore Tristesse elle m’avait parlé et expliqué la raison de sa venue. Bon là, lui ce n’était pas le même genre.

Non sans mal, je suis rentrée chez moi. Le squelette toujours sur les talons. Je me suis assise sur le lit. Je l’ai invité à en faire de même. Et là, j’ai pris le temps de le regarder en face. De ne pas le fuir. J’ai planté mes yeux dans ses deux orbites. J’ai appris qu’une émotion a toujours besoin d’être accueillie et reconnue. Nos émotions ont besoin d’attention. Dis bonjour à ta peur : “Eh coucou”.

J’ai fait un petit tour dans mon corps. Je me suis concentrée sur mes sensations. J’ai remarqué que ma respiration était saccadée, courte. Une boule aussi se logeait dans mon ventre. J’avais peur. J’ai fixé la cage thoracique du squelette et nous avons respiré ensemble. Diable il avait une de ces haleines. Pouaa. Mais j’ai tenu bon. J’ai poursuivi. Qu’est-ce que je ressentais dans mon corps ? Et peu à peu des parties du squelette ont commencé à disparaître. Ses phalanges du côté gauche, puis sa cage thoracique, puis son crâne. Rapidement, il ne restait plus que ses jambes. Il était tout de suite moins impressionnant.

En réalité, la peur est un mouvement de recul. Elle nous permet de réagir en cas de danger. C’est un petit voyant rouge qui s’allume pour te prévenir. Danger ! Danger ! Mais elle nous permet aussi de prendre conscience de nos limites psychologiques. Et cela peut-être l’occasion de les dépasser. Je vous invite à lire les bandes-dessinées de conscience-quantique pour mieux comprendre nos émotions, nos besoins et comment mieux les gérer.

Derrière la peur se loge des besoins. Et la peur nous renvoie à notre besoin de sécurité. Cela peut être un besoin de confiance, d’ordre, de paix, de protection, de respect de votre rythme, temps, énergie etc.

Bref. Notre peur nous renseigne sur nous-même. C’est plutôt chouette, non ?

La peur est souvent perçue comme une faiblesse. Pourtant nous ressentons tous la peur. On essaie souvent de la combattre. Et si nous essayions plutôt de comprendre ce qu’elle essaie de nous dire ? Et d’écouter les besoins dont elle nous parle ?

Petites astuces en cas de stress, crise d’angoisse etc. :

  • Huile essentielle de Ylang Ylang (à utiliser avec précaution, consultez des professionnels pour les utiliser au mieux)

  • Et surtout revenez à votre corps, je sais que ce n’est pas facile dans ces moments-là. Mais essayer de prendre conscience de votre respiration. Ce qui est réel là tout de suite, ce sont vos sensations, rattachées au présent. Souvent la peur est rattachée au temps (passé / futur). Sauf évidemment les peurs qui sont là pour votre survie, genre vous êtes poursuivi(e) par un lion 😀

  • Et demandez-vous de quoi avez-vous besoin là tout de suite ?

Je vous invite à aller visiter cet article d’Ithaque. Elle nous explique comment la peur peut impacter notre prise de décision et comment on peut reprendre notre pouvoir grâce à la peur.

Allez câlinou à votre peur, gratouille, gratouille.

Chat câlins
Yerlin Matu on unsplash

crédit photo: zoltan tasi on unsplash

3 thoughts on “La peur et son fidèle servant le squelette

  1. Tout simplement génial , j’ai adoré ! c’est bon de rire aussi de ses peurs une fois qu’on les a accueillies , sacré squelette, tu nous as bien eu monsieur colle aux basques !

  2. Un bien beau conte sur nos peurs qui m’a emmmené vers une belle reconnexion ! et j’avais hâte de connaitre le dénouement … suspense bien amené bravo et merci …..

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