Posted in Journal de bord d'une nounou

Range ta chambre ! Bien vivre le rangement avec nos enfants.

Range ta chambre ! Bien vivre le rangement avec nos enfants. Posted on 10 novembre 2018Leave a comment

Nathan (tous les prénoms ont été changé) vient tout juste de fêter ses 4 ans. Je le garde chaque semaine après l’école depuis deux ans. C’est un petit garçon joyeux, plein de vie et curieux.

Ce soir là, la chambre est en désordre. Bon comme toute chambre d’enfant.

Vous savez ces jours où l’on est fatigué et beaucoup moins patient ? Bon voilà, c’était ce genre de jour-là.

Aaarg. Oh non !  Il ne va pas me déballer un nouveau jeu alors que l’autre est déjà en chantier. Si ? Ah ba si ! Il le fait. Je sens que je me crispe. Cette garde va être longue, je le sens.

La chambre doit être rangée avant le retour de la mère. Si vous avez déjà été avec un enfant dans sa chambre, vous avez de grandes chances d’avoir déjà vécu cette situation. Vous voulez ranger, lui pas 😀 Oh joie !

Zen, soyons zen.

Fatiguée mais calme, je lui dis : “Allez Nathan, faut ranger maintenant.” Echec 1

Après trois répétitions, je commence à être agacée et moins patiente.

“Bon Allez, je t’aide à ranger. On range tous les deux. Ok? ” Echec 2

 

césarcolère

Je me confronte à un mur. Ma stratégie est un fiasco. A l’intérieur de moi, c’est tout agité. Je ne sais plus vraiment ce qu’il s’y passe.

(Partez pas hein, je vous promets que la suite et plus relaxe) 😀 et qu’on trouve une solution.

Du côté de Nathan, c’est plutôt ambiance : ” Yiiihaaaa et là, la voiture vole et puis après Teddy arrive pour sauver Tigrou. Pan pan pan le méchant.”

Voyage dans la tête de Nathan : “Je comprends pas ce qu’elle veut ma nounou. Elle s’agite dans tous les sens. Elle ferait mieux de venir jouer avec moi. Je m’amuse bien moi.”

Dans ma tête, c’est plutôt. “Mais il m’agace à la fin. C’est hors de question que je range à sa place. ça me stresse cette histoire. Le temps passe. La chambre doit être rangée et ça va pas se faire tout seul. Blablabla”

Je n’ai pas envie de céder à la facilité (ce qui pour moi serait de la facilité). C’est à dire ranger à sa place. C’est plus facile pour moi de me dire bon allez zou, je le fais, en deux minutes, c’est plier. Et tant pis si je ne suis pas très cohérente avec le discours que je lui tiens depuis 10 minutes. Je suis fatiguée, j’en ai marre, basta.

Mais non, ce soir là, j’ai envie d’essayer de trouver une autre issue à la situation. Mais c’est pas gagné. J’ai l’air maligne toute seule à m’agacer et à m’agiter seule pour ranger.

Ok stop.

viceversacolère

J’ai besoin de faire une pause. Alors je m’arrête. Ah oui tiens, j’avais un peu coupé ma respiration. Tiens, oui, respirez aussi avec moi. Lààà ! ça va mieux hein ?

Et en faisant une pause, je vois beaucoup mieux. Je vois un enfant qui joue. Concentré dans son jeu. Il est joyeux.

Car oui, le jeu est un besoin fondamental pour les enfants. Par le jeu, ils apprennent.

Je prends conscience que s’il refuse de m’aider à ranger c’est parce que ma proposition n’a rien d’attrayant. Ah mais oui, voilà ! Si je veux qu’il range, je dois rendre le rangement attrayant et motivant. Je vais lui proposer un jeu.

Rendre l’activité amusante permet de créer des émotions agréables : la joie.

Le jeu créer une complicité, et créer du lien entre l’enfant et l’adulte.

Dans ce moment de pause et de ralentissement, une idée me vient. Et les idées, on les entend beaucoup mieux quand on fait le silence en soi. Mais ça fera l’objet d’un autre article. 😉

Hop un monstre marin apparaît !

Le bateau pirate et tout son équipement (autant dire une foultitude de petites pièces ) se range dans un sac plastique.

Ce sac plastique n’est pas un sac plastique ordinaire, c’est un monstre marin. Oui monsieur, oui madame. Regardez bien. Ah ! Vous voyez il bouge. Le sac enfin le monstre s’agite, virevolte dans les airs et ouvre grand sa gueule.

“Nathan, ce monstre a faim.” lui dis-je. “Tu veux bien lui donner à manger ? “

Le sac/monstre s’agite ouvre grand sa gueule et avale le capitaine du bateau. Gloups !

“Miam c’était bon. Un autre, encore, encore” réclame le monstre.

Nathan s’empresse d’aller chercher une nouvelle pièce du bateau, et hop le mât y passe, le trésor, et puis finalement le bateau entier. Ouf. Le bateau est rangé. La chambre ressemble à quelque chose de présentable pour le retour de la maman.

Depuis ce soir là, régulièrement, il me demande : “Tu fais le monstre qui a faim ?” Et de lui-même, il range le bateau.

Il y a des jours où l’on est plus fatigué que d’autres. Il y a des jours où l’on a pas envie. Des jours ou on aimerait que ça aille vite, que ça ne lambine pas. Moi la première, je ressens ça. Mais peut-être que parfois prendre le temps de trouver une idée et d’en faire un jeu, fais passer un bon moment à tout le monde. On a bien ri avec Nathan. Notre complicité s’en est trouvée renforcée. Il n’y a eu ni pleurs, ni cri, ni agacement (enfin si au début mais tout cela a disparu une fois l’idée du monstre trouvée).

L’objectif a été atteint : le bateau a été rangé là où il faut par Nathan. Et moi j’ai joué le monstre. J’étais complice. J’étais partenaire de jeu.

Je comprends parfois que vous êtes fatigué, ou pressé, que vous n’avez pas envie. Mais peut-être que changer de regard permet à l’évènement de prendre une toute autre tournure, parfois vraiment inattendue.

Je ne peux que vous inviter à laissez libre cours à votre créativité et regardez l’enfant: il a envie de jouer avec vous et de partager un moment de complicité avec vous.

Allez bon rangement en toute sérénité ! 😉

alain-d-alche-695773-unsplash

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :